Lomé, la capitale togolaise, accueille du 12 au 14 mai une conférence de l’Union africaine consacrée à la gestion de la dette publique sur le continent. Placée sous le thème : « L’Agenda africain de gestion de la dette publique en matière de restauration et de préservation de la viabilité de la dette », cette rencontre regroupe plus de 500 participants, dont des chefs d’Etat, des ministres africains de l’Economie, des gouverneurs de banques centrales, ainsi que des représentants de la société civile et d’institutions financières multilatérales.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Faure Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise, en présence du président ghanéen, John Dramani Mahama. Organisée par le Département du développement économique, du tourisme, du commerce, de l’industrie et des mines (DCTIM) de la Commission de l’Union africaine, en collaboration avec le gouvernement togolais, la conférence vise à créer une plateforme de dialogue entre les États membres, les partenaires au développement et les acteurs économiques afin d’améliorer la gestion de la dette sur le continent.
Dans son allocution, Faure Gnassingbé a plaidé pour une nouvelle approche de la dette en Afrique, la qualifiant de « crise silencieuse, mais structurelle ». Il a appelé à sortir d’une vision strictement budgétaire de la viabilité de la dette, en soulignant que l’endettement, loin d’être un mal en soi, peut devenir un outil de transformation si utilisé à bon escient. Selon lui, l’Afrique doit se doter d’une doctrine collective fondée sur la souveraineté, la solidarité et la stabilité régionale.
Le président togolais a insisté sur la nécessité de considérer certaines dépenses, notamment sécuritaires, comme des biens publics globaux nécessitant un soutien financier international. Il a également mis en lumière l’impact de l’insécurité sur les budgets nationaux, appelant la communauté internationale à « financer la paix » et à « investir dans la stabilité globale » en soutenant les efforts africains.
Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a de son côté salué l’initiative togolaise et appelé à la définition d’une Position commune africaine sur la dette. Celle-ci, selon lui, devrait proposer un mécanisme efficace de résolution de la dette et fixer des principes directeurs pour une gestion plus coordonnée entre les États membres.
Au programme
La conférence sera meublée par plusieurs panels autour des sous-thèmes tels que : le cadre commun du G20 face à l’impasse actuelle de la dette en Afrique, les bonnes pratiques de gestion de la dette, le rôle des Parlements, les notations de crédit, les financements innovants, ainsi que la création d’institutions financières panafricaines pour soutenir la viabilité de la dette.
Les échanges aboutiront à des recommandations en vue de renforcer la transparence, la responsabilité et l’efficacité dans la gestion de la dette publique, tout en proposant des réformes de l’architecture financière mondiale adaptées aux réalités africaines.


























