Togo : la GIZ mobilise des acteurs communautaires contre le mariage précoce et les mutilations génitales féminines

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Photo de famille des participants lors de l'ouverture de l'atelier sur la lutte contre le mariage précoce et les MGF. Kpalimé, le 9 septembre 2025.
Photo de famille des participants lors de l'ouverture de l'atelier sur la lutte contre le mariage précoce et les MGF. Kpalimé, le 9 septembre 2025.
Un atelier réunit des chefs canton, leaders religieux, acteurs des maisons de justice et représentants d’organisations de la société civile pour renforcer leurs capacités dans la lutte contre le mariage précoce et les mutilations génitales féminines (MGF), du 9 au 11 septembre 2025 à Kpalimé. Objectif : en faire des agents de changement au sein de leurs communautés.

Initiée par le ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la femme, avec l’appui du projet DeZon de la Coopération allemande (GIZ), cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement togolais pour promouvoir l’égalité de genre et mettre fin aux violences basées sur le genre.

Les participants actualisent leurs connaissances sur le cadre juridique national et international qui interdit ces pratiques, ainsi que sur leurs conséquences sanitaires, psychologiques et socioéconomiques. Les échanges portent aussi sur leurs rôles et responsabilités, afin de bâtir des stratégies communautaires adaptées pour l’abandon durable du mariage précoce et des MGF.

Face à la formatrice, les participants partagent leur expérience sur les grossesses précoces et MGF
Face à la formatrice, les participants partagent leur expérience sur les grossesses précoces et MGF

Mama Meseko Adzino II, Reine Mère de Yikpa Dafo, dans la préfecture de Danyi a confié :

Dans nos communautés, les mariages précoces sont encore une réalité. Nous travaillons d’arrache-pied pour freiner ce phénomène. Grâce à cet atelier, nous allons mettre en place des plans d’action concrets et, de retour dans nos localités, renforcer la sensibilisation.

Le pasteur Kossi Awuh Name, des Assemblées de Dieu de Kpodzi à Kpalimé revient sur l’importance de cette formation :

En tant que leaders religieux, nous avons besoin de comprendre tous les contours des types de violences et d’aider les filles à rompre avec le mariage précoce. Je vais relayer cette formation auprès de mes collègues pasteurs et dans nos congrégations pour amplifier le message.

Un appui aux engagements du Togo

Selon l’Unicef, près de 31 % des femmes togolaises sont mariées avant 18 ans, et la prévalence nationale des MGF atteint encore 3,1 %, avec des pics de 13,5 % dans certaines régions. Ces chiffres montrent que malgré les avancées législatives et les réformes (loi interdisant les MGF, révision du Code des personnes et de la famille, nouveau code pénal, etc.), le phénomène persiste dans plusieurs localités. D’où l’importance de cette formation qui se veut participative.

Cet atelier de Kpalimé s’inscrit dans une série de rencontres organisées dans toutes les régions du Togo, notamment à Dapaong, Kara, Guérin-Kouka, Sokodé, Aného, Tabligbo et Notsè. Partout, l’objectif reste le même : renforcer la mobilisation des communautés afin de mettre fin aux pratiques traditionnelles néfastes et promouvoir le respect des droits des filles et des femmes.

Ces activités sont financées par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ).

Elisée Rassan

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