Commerce équitable : à Kpalimé, l’enjeu d’un alignement stratégique régional

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Photo de famille des participants
Photo de famille des participants. Kpalimé, le 14/04/2026

L’ONG Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF), en partenariat avec Commerce Equitable France, a ouvert, le lundi 13 avril à Kpalimé, un séminaire inter-plateformes nationales de commerce équitable (PNCE). Pendant deux jours, des acteurs venus du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Ghana échangent autour des enjeux de plaidoyer régional, d’égalité de genre et d’inclusion sociale.

Organisée dans le cadre du programme Equité 3, cette rencontre intervient à une phase décisive marquée par l’opérationnalisation des plans d’action des différentes plateformes. Elle vise à renforcer la cohérence stratégique entre les acteurs ouest-africains, harmoniser les approches et construire des réponses communes face aux défis du commerce équitable.

Pour le responsable du programme Equité à AVSF, Moussa Barro, ce séminaire se veut avant tout un espace de co-construction.

« C’est un moment d’échange entre les plateformes et les partenaires, qui doit déboucher sur des propositions concrètes, notamment en matière de plaidoyer et d’intégration du genre et de l’inclusion sociale dans les stratégies », a-t-il expliqué.

Les travaux portent notamment sur l’appropriation des enjeux liés à l’égalité de genre et à l’inclusion sociale (EGIS), la définition d’engagements communs, l’analyse des cadres réglementaires et l’élaboration d’une feuille de route régionale de plaidoyer pour 2026.

Au cœur des discussions, la question des inégalités économiques dans les filières agricoles reste préoccupante. La responsable du programme Equité à Commerce Equitable France, Mathilde Mourgues, a illustré cette réalité à travers le cas du cacao.

« Les femmes passent en moyenne cinq heures par jour sur les parcelles de leurs maris, et près de 50 % d’entre elles n’en tirent aucun revenu », a-t-elle relevé.

Elle appelle ainsi à « mieux reconnaître le travail des femmes et à renforcer leur place dans les chaînes de valeur et les instances de décision ».

Les participants sont invités à proposer des mécanismes concrets pour intégrer ces dimensions dans leurs plans d’action, mais aussi pour en assurer la diffusion auprès des coopératives de producteurs.

Le séminaire met également en lumière les principes du commerce équitable, fondés sur des relations commerciales justes et transparentes. Il s’agit notamment de garantir des prix couvrant les coûts de production, d’accorder des primes de développement pour financer des projets communautaires et de sécuriser les relations commerciales à long terme.

Au Togo, cette dynamique est encore en phase de consolidation. Représentant la plateforme nationale, Adani Kwame a souligné l’importance de ce cadre d’échanges pour promouvoir un modèle encore peu connu. Créée en 2022, la plateforme togolaise regroupe aujourd’hui plusieurs organisations paysannes engagées dans les filières cacao, ananas et anacarde, avec pour ambition de développer des pratiques commerciales plus justes et durables.

Les conclusions attendues portent notamment sur la validation d’engagements opérationnels en matière d’inclusion sociale et sur l’adoption d’une feuille de route commune de plaidoyer.

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