Togo : « Nos activités s’effondrent », impacts dévastateurs de la crise énergétique sur les entreprises locales

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Agoè Logopé, Carrefour Tazo à Lomé. 16 05 2024. @Le clik / Elisée Rassan
Agoè Logopé, Carrefour Tazo à Lomé. 16 05 2024. @Le clik / Elisée Rassan
Au Togo, une série de pénuries sévères affecte les citoyens du nord au sud, entraînant des perturbations majeures pour de nombreux entrepreneurs. La rareté de l’électricité, de l’eau potable et de l’essence paralyse les activités économiques à travers le pays.

Après les élections législatives, les coupures d’électricité sont devenues monnaie courante, avec des périodes de cinq heures ou même des journées entières sans électricité dans certains quartiers.

Akuété Dégbé, cofondateur de TRÔM GROUP, une entreprise agroalimentaire à Lomé, exprime ses inquiétudes :

Sans électricité, nos machines ne fonctionnent pas, ralentissant considérablement notre production de yaourt. Le manque d’eau affecte également notre processus de production et de nettoyage, compromettant la qualité et l’hygiène de nos produits. De plus, la rareté de l’essence entrave la distribution efficace de nos yaourts, provoquant des retards et des coûts supplémentaires. Nos activités s’effondrent.

La rareté de l’essence a favorisé le marché informel avec des vendeurs proposant des prix élevés pour du carburant frelaté. Sur leurs bidons jaunes, les prix mentionnés varient de 1 000 à 1 500 F CFA au lieu de 700 francs à la pompe. Abigail, gérante d’un restaurant, rapporte : « Le prix du transport pour me rendre à mon atelier a doublé ». Pour limiter les pertes, TRÔM GROUP est contraint d’arrêter périodiquement sa production, relate Akuété.

Des fois nous restons 4 jours voir plus sans produire de yaourts de peur que ça se gâte. De plus, acheter le carburant à des prix élevés affecte gravement notre rentabilité. La distribution retardée et irrégulière entraîne une insatisfaction des clients et une perte de parts de marché.

Incapables d’investir dans des groupes électrogènes coûteux, les entrepreneurs locaux tentent de s’adapter. Akuété et son équipe mettent en place des systèmes de stockage d’eau pour maintenir une production constante. Cependant, la crise persistante menace gravement leurs activités.

Le gouvernement s’explique

Des rumeurs circulent selon lesquelles le Togo serait endetté envers le Nigeria et le Ghana, ses principaux fournisseurs d’électricité. Cependant, le gouvernement présente une perspective différente sur la question.

La compagnie énergétique électrique du Togo (CEET) attribue ces coupures à des travaux en cours au Ghana et au Nigeria sur les infrastructures énergétiques, avec des retards imprévus dans leur achèvement. La ministre de l’Energie, Mila Aziable, évoque également le manque d’approvisionnement en gaz naturel comme une cause majeure de la crise actuelle.

Face à cette situation, il urge d’investir dans les infrastructures de base et de promouvoir l’accès aux énergies renouvelables pour assurer la résilience économique du pays. Les autorités doivent agir rapidement pour répondre aux défis quotidiens des entrepreneurs locaux et garantir un environnement favorable aux affaires.

Elisée Rassan

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