« Nous sommes fatigués » : le cri des oubliés de la République

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Image illustrative @ Banque mondiale
Image illustrative @ Banque mondiale

C’est un refrain qui revient dans plusieurs villages sillonnés par les candidats aux élections locales du 17 juillet au Togo : « Nous sommes fatigués ». Fatigués de mendier l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à des soins de santé décents, à des routes dignes de ce nom. Fatigués surtout d’entendre les mêmes promesses, campagne après campagne, sans jamais voir le moindre changement durable.

Sur le terrain, la méfiance s’est installée. Les populations, désormais averties, accueillent les délégations politiques avec prudence. « Cette route traverse notre village depuis 1975. Chaque parti qui passe promet de la réhabiliter. Rien n’a jamais été fait », lance un habitant, résigné. Un autre renchérit : « Vous venez à la veille des élections, vous faites des promesses, et une fois élus, vous disparaissez. Vous nous oubliez ».

Dans certains villages, la détresse est telle que des habitants avouent ne plus se sentir pleinement togolais. L’isolement géographique s’ajoute à la pauvreté. Là-bas, l’agriculture — principale source de revenu — reste rudimentaire, sans accompagnement technique ni soutien matériel. Les services sociaux de base sont difficiles d’accès. La misère est visible, permanente.

Et pourtant, à chaque période électorale, la scène se répète : distribution de tricots, de vivres, parfois d’enveloppes. Autant de gestes qui, pour beaucoup, ressemblent à une tentative d’acheter les voix contre quelques miettes – des miettes échangées contre cinq à sept années d’attente, d’oubli, de souffrance.

Mais la conscience citoyenne, bien que parfois mise à rude épreuve, reste un levier puissant. Le vote est un droit, mais aussi une responsabilité. Il revient à chacun, dans le secret de l’isoloir, de choisir en âme et conscience le candidat ou le groupe qui incarne réellement le changement, et non l’illusion du changement.

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