Togo : première élection sénatoriale et mise en place de la 5e République

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Faure Gnassingbé, président de la République togolaise
Faure Gnassingbé, président de la République togolaise

Le Togo a franchi une étape décisive dans la mise en place de la 5e République avec l’organisation, samedi dernier, des premières élections sénatoriales du pays.

Au total, 1 527 conseillers municipaux et 179 conseillers régionaux ont été appelés aux urnes pour élire 41 sénateurs parmi 89 candidats en lice. Ces nouveaux élus siégeront à la Chambre haute du Parlement.

Conformément à la nouvelle Constitution adoptée en avril 2024, le Sénat comptera 61 membres, dont 20 sénateurs qui seront nommés par le président du Conseil des ministres. La proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle ouvrira la voie à la première session de cette institution.

Une élection aux enjeux politiques majeurs

Ces élections s’inscrivent dans la restructuration des institutions togolaises après la réforme constitutionnelle qui a instauré un régime parlementaire. Désormais, le président de la République ne sera plus élu par suffrage universel mais par le Parlement réuni en Congrès, incluant les sénateurs. Il conservera un rôle diplomatique, notamment dans l’accréditation des ambassadeurs.

Le parti au pouvoir, déjà largement majoritaire à l’Assemblée nationale avec 108 sièges sur 113, détient également 137 sièges sur 179 dans les conseils régionaux. Cette position dominante laisse peu de place à l’opposition, qui n’a remporté que 7 des 41 sièges sénatoriaux attribués par voie électorale. En outre, la nomination des 20 sénateurs restants devrait renforcer cette majorité.

Une transition institutionnelle en cours

La mise en place du Sénat constitue l’avant-dernière étape de la transition vers la 5e République, avant la désignation du président du Conseil et l’installation complète des nouvelles institutions. Selon Paul Amegakpo, analyste politique et directeur de l’Institut Tamberma pour la Gouvernance (ITG), ces élections confirment la polarisation du paysage politique togolais.

Trois catégories d’acteurs politiques émergent : ceux qui participent activement aux élections, dominés par le parti au pouvoir ; ceux qui s’impliquent de manière irrégulière et peinent à s’imposer comme alternative crédible ; et enfin, ceux qui rejettent les processus électoraux, estimant qu’ils ne permettent pas une véritable alternance.

La prochaine étape

Elle sera la proclamation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle d’ici la fin de la semaine, suivie de la nomination des 20 sénateurs restants par le président de la République. La première session ordinaire du Sénat, prévue pour avril 2025, marquera l’élection du président de la République et la désignation du président du Conseil, dernier jalon avant l’installation complète du nouvel exécutif.

La 5e République togolaise deviendra effective avec la fin du mandat de Faure Gnassingbé, prévue le 3 mai 2025.

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