Les femmes rurales de Kloto 3 plaident pour la sécurisation de leurs droits fonciers

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Des femmes rurales de Kloto 3. Kuma Konda, le 23/10/2026
Des femmes rurales de Kloto 3. Kuma Konda, le 23/10/2026

À Kouma Konda, les femmes rurales de la commune Kloto 3 ont porté un plaidoyer en faveur d’un accès plus équitable et sécurisé à la terre. À l’occasion de la célébration en différé de la Journée internationale des femmes rurales, organisée par l’ONG CADR le 23 octobre, elles ont interpellé les autorités traditionnelles, municipales et nationales sur les difficultés foncières qui freinent leurs activités agricoles et leur autonomisation économique.

« Moins de trois femmes sur dix possèdent une parcelle en leur nom dans la commune Kloto 3 ».

C’est l’un des constats avancés dans la déclaration des femmes rurales de la commune, lue au cours de cette célébration organisée autour du thème : « Les agricultrices rurales, gardiennes de la nature ».

Selon cette déclaration, présentée par Mawussimé Afeto, responsable administrative et financière du Centre d’action pour le développement rural (CADR), de nombreuses agricultrices exploitent des terres appartenant à leurs maris, frères ou pères. Une situation qui les expose à perdre leurs moyens de production en cas de veuvage, de divorce ou de conflit familial. L’absence de titres fonciers limite également leurs possibilités d’accéder au crédit, aux intrants subventionnés et aux projets de développement.

Face à cette précarité foncière, les participantes ont formulé plusieurs recommandations. Elles demandent notamment aux autorités traditionnelles de faciliter l’attribution de parcelles agricoles sécurisées aux coopératives féminines et de promouvoir des pratiques successorales plus équitables envers les filles et les veuves.

À l’endroit du conseil municipal de Kloto 3, elles proposent la création d’un registre communal des terres attribuées aux femmes, la réservation de 3 % des terres relevant du domaine communal aux coopératives féminines et la mise en place d’une commission foncière intégrant au moins 40 % de femmes. Elles appellent également l’État à faciliter les procédures d’immatriculation des terres, à réduire les frais y afférents et à renforcer l’accompagnement juridique, technique et financier des agricultrices.

Afua Mawussimé au premier rang de la table d'honneur
Mawussimé Afeto au premier rang de la table d’honneur

Au-delà de la question foncière, cette rencontre a permis de mettre en lumière la contribution des agricultrices à la vie économique et sociale des communautés rurales. De la production agricole, à la transformation des produits, en passant par la nutrition des familles, la préservation des semences et la gestion des ressources naturelles, l’implication des femmes reste déterminante dans les systèmes alimentaires locaux.

Pour Maxwell Yawovi Evenunye, directeur exécutif du CADR, cette contribution contraste avec les difficultés auxquelles elles sont encore confrontées, notamment l’accès limité à la terre, au financement, à la formation et aux espaces de décision. Il a plaidé pour le renforcement de leurs capacités, de leur autonomie économique et de leur résilience face aux changements climatiques.

Représentant le maire de Kloto 3, Komlan Devia a, pour sa part, salué l’engagement des agricultrices dans le développement des communautés. Il a relevé leur exposition particulière aux effets des changements climatiques, qui compliquent notamment l’accès à l’eau, au bois de chauffe et aux terres fertiles.

Organisée par l’ONG CADR avec les acteurs locaux, cette célébration en différé de la Journée internationale des femmes rurales s’inscrit dans le contexte de l’Année internationale des agricultrices 2026. Elle a été l’occasion d’échanger sur les opportunités économiques, la résilience climatique, l’égalité entre les femmes et les hommes et les droits des agricultrices. L’organisation a distingué certaines femmes et coopératives pour leur contribution au développement local.

Femmes distinguées
Femmes distinguées

La rencontre s’est achevée dans une ambiance festive, avec des prestations folkloriques organisées dans le cadre du festival « Totoémé ».

La Journée internationale des femmes rurales a été instituée par l’Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2007. Sa première célébration a eu lieu le 15 octobre 2008.

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