RDC : la presse en danger sous Félix Tshisekedi

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[Image d'illustration] Des journaux congolais, le 9 janvier 2019. REUTERS / Baz Ratner
[Image d'illustration] Des journaux congolais, le 9 janvier 2019. REUTERS / Baz Ratner

À l’occasion de la Journée internationale pour la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes, Journalistes en danger (JED) a publié son rapport annuel pour 2023, déplorant plus de 500 atteintes à la liberté de la presse en République démocratique du Congo (RDC) au cours du premier mandat du président Félix Tshisekedi.

La présentation du rapport, qui s’est déroulée le 2 novembre 2023 à Kinshasa, s’est tenue sans la présence de Stanis Bujakera Tshiamala, correspondant du magazine Jeune Afrique et directeur de publication adjoint du site Actualite.cd. Bujakera est détenu depuis près de deux mois, arrêté le 8 septembre à l’aéroport de Kinshasa-Ndjili. Il est accusé de divers chefs d’accusation, notamment de « faux en écriture », « falsification des sceaux de l’État » et « propagation de faux bruits ». Ces accusations font suite à la publication d’un article sur le site web de Jeune Afrique, signé par la rédaction, mentionnant un rapport attribué à l’Agence nationale de renseignements (ANR).

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Cette arrestation de Bujakera est l’une des 88 atteintes à la liberté de la presse enregistrées en 2023 par JED, qui en a comptabilisé un total de 523 depuis le début du mandat de Félix Tshisekedi. Ces incidents englobent l’interdiction de programmes, la fermeture de médias, les meurtres de journalistes, ainsi que des actes de violence physique et des menaces verbales.

L’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir avait suscité l’espoir d’une amélioration de la situation de la liberté de la presse en RDC après des années difficiles sous le règne de Joseph Kabila. Cependant, la situation s’est détériorée au cours des années suivantes, avec une moyenne de cent attaques diverses contre les journalistes et les médias, dont cinq journalistes tués pendant le mandat de Félix Tshisekedi.

Rapport JED 2023

JED constate qu’aucune action significative n’a été entreprise pour renforcer la sécurité des journalistes, malgré l’adoption d’une nouvelle loi sur la presse issue des États généraux de la Communication et des médias. Cette loi, pourtant promulguée par le chef de l’État, n’a pas été publiée au Journal officiel huit mois après son adoption.

Le rapport de JED rappelle que, parmi les cinq journalistes tués depuis 2019, trois ont perdu la vie dans l’est de la RDC, en proie à la violence des groupes rebelles. Il souligne également que des journalistes continuent d’être détenus, notamment Patrick Lola depuis novembre 2021 et Blaise Mabala, incarcéré le mois dernier.

JED estime que la sécurité des journalistes est cruciale à l’approche d’échéances politiques importantes, notamment les élections présidentielles, pour garantir un processus électoral fiable et transparent en RDC.

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