La 7ᵉ édition de la Sallah foire a pris une tournure particulière le jeudi 2 avril, à Togblékopé, dans la commune Agoè-Nyivé 4. Au cœur de cet espace habituellement dédié aux échanges commerciaux et aux retrouvailles festives de la jeunesse, un moment de sensibilisation inédit : un conte sur l’endométriose, porté par le conteur Allassane Sidibé, alias Al Sydy.
Initiée par l’association Nouvelle éducation inclusive pour la communauté Africaine (NEICA), cette activité marque l’aboutissement d’une série de sensibilisations entamée à Vogan. Elle vise à informer, briser les tabous et susciter une prise de conscience autour d’une maladie encore méconnue et souvent mal interprétée dans les communautés.
Devant un public composé d’autorités administratives et coutumières, d’élèves, d’apprentis et d’exposants, le conteur a choisi la puissance du récit pour faire passer le message. A travers l’histoire d’Afi et Kossi, un couple confronté à l’infertilité, Al Sydy met en lumière les stigmatisations sociales dont sont victimes de nombreuses femmes.
« A travers ce conte, j’ai voulu montrer que derrière certaines souffrances invisibles, il y a des réalités médicales que nous devons apprendre à comprendre plutôt qu’à juger », confie-t-il. « L’endométriose n’est ni une malédiction ni une fatalité. C’est une maladie qui mérite écoute, respect et accompagnement ».
Le récit, ponctué d’émotions et de silences lourds de sens, a permis d’aborder de manière accessible les réalités de l’endométriose : douleurs pelviennes intenses, règles abondantes, fatigue chronique, troubles digestifs ou encore difficultés à concevoir. Des symptômes souvent banalisés ou ignorés, mais qui peuvent profondément affecter la vie sociale et scolaire des jeunes filles.
Des sages-femmes ont pris le relais pour apporter des éclairages médicaux et insister sur l’importance d’un diagnostic précoce et d’un suivi adapté. Elles ont notamment rappelé que « la douleur n’est pas normale » et qu’il est essentiel d’en parler à des adultes de confiance ou à des professionnels de santé.
Pour la responsable de NEICA, Prisca Agoudavi, le choix de la foire est stratégique. « Nous avons choisi la foire parce qu’elle rassemble la jeunesse. C’est une opportunité pour faire passer des messages essentiels là où ils peuvent réellement impacter », explique-t-elle. Avant d’ajouter : « Notre combat, c’est de faire comprendre que l’endométriose existe, qu’elle touche une fille sur dix, et qu’aucune femme ne doit souffrir dans le silence ».
Malgré une pluie venue perturber le déroulement de l’activité, l’essentiel a été préservé : le message. Cette initiative aura réussi à semer les graines d’une prise de conscience collective.
L’événement est organisé avec l’appui de l’ambassade de France au Togo.




























