
Une cinquantaine d’acteurs des Maisons de justice du Togo participent à une formation de trois jours sur les techniques de médiation, de conciliation, d’accueil, d’écoute, d’orientation et de reporting. Ouverte le 5 août à Kpalimé, elle permettra aux médiateurs, assistants-juristes et secrétaires de renforcer leurs compétences pour mieux résoudre les conflits du quotidien au sein des communautés.
L’initiative est portée par le ministère de la Justice et de la Législation, à travers la direction de l’Accès au droit et à la justice, avec le soutien technique et financier du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Le directeur de la l’Accès au droit et à la justice, Koffi Tagbé, a souligné que la formation répond à un besoin exprimé de longue date par les acteurs de terrain. Elle vise à harmoniser les pratiques et à renforcer la qualité des services offerts.
« La médiation ne s’improvise pas. Elle suit un processus rigoureux qui repose sur l’écoute, la patience et le respect mutuel », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux.
Pour le PNUD, qui accompagne le Togo dans plusieurs réformes judiciaires, cette formation traduit la volonté de construire une justice plus accessible et plus inclusive.

La team leader (Unité Gouvernance) de l’agence onusienne, Epiphanie Houmey Eklou-Koevanu, a rappelé que :
La médiation permet de désamorcer les tensions, de restaurer le dialogue et de préserver le tissu social, tout en évitant des procédures judiciaires longues et coûteuses.
Cette approche est particulièrement précieuse pour les populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants, les personnes handicapées ou vivant dans des zones reculées.
Un besoin de formation réaffirmé
Depuis 2019, plusieurs sessions ont été organisées pour former les équipes des Maisons de justice. Mais ces dernières années, faute de moyens suffisants, ces initiatives se sont espacées, alors que le nombre de structures et d’acteurs ne cesse de croître.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la session de Kpalimé. Elle devrait permettre de partager les bonnes pratiques, d’actualiser les procédures et d’unifier les approches, notamment en matière de traitement des cas de violences basées sur le genre (VBG).
Le PNUD, qui soutient également la digitalisation des services, l’équipement des structures et l’intégration des droits humains dans les pratiques, a réaffirmé son engagement à poursuivre son appui.

Les travaux prennent fin le jeudi 7 août. A terme, les participants devront repartir mieux armés pour faire vivre une justice de proximité efficace, humaine et au service de tous.
Le Togo compte 20 Maisons de justice
Instituées en 2018 à l’initiative du chef de l’Etat, les Maisons de justice ont été pensées comme un outil de justice de proximité, complémentaire au système judiciaire classique. Leur mission : régler à l’amiable les conflits mineurs, fournir des conseils juridiques gratuits et orienter les citoyens dans leurs démarches.
D’abord expérimentées dans quatre localités, ces structures se sont progressivement étendues pour atteindre aujourd’hui vingt sites à travers le pays. Elles traitent principalement des affaires civiles simples : litiges fonciers, conflits familiaux, recouvrements, etc. En mettant l’accent sur le dialogue et la réconciliation, elles s’inscrivent dans une dynamique d’apaisement social.
Selon la direction de l’Accès au droit et à la justice, les médiateurs et assistants-juristes de ces structures jouent un rôle crucial dans le maintien de la cohésion dans les communautés. D’où la nécessité d’outiller régulièrement les acteurs.






























