Togo : un nouveau dispositif lancé pour empêcher le retour de la filariose lymphatique

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Photo de famille/atelier OMS à Kpalimé. 14/05/2026. @ Le clik
Photo de famille/atelier OMS à Kpalimé. 14/05/2026. @ Le clik

Le Togo veut éviter toute résurgence de la filariose lymphatique, une maladie parasitaire invalidante éliminée du pays comme problème de santé publique depuis 2017. Réunis du 11 au 14 mai à Kpalimé, les acteurs du système sanitaire togolais ont officiellement lancé un projet national de surveillance post-validation destiné à détecter rapidement tout risque de réintroduction de la maladie dans le pays.

L’initiative est portée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, à travers le Programme national des maladies tropicales négligées (PNMTN), avec l’appui de l’OMS AFRO/ESPEN et du partenaire financier GLIDE.

Le lancement du projet est intervenu à l’issue d’un atelier national de quatre jours consacrés à l’élaboration du modèle opérationnel de surveillance post-validation de la filariose lymphatique au Togo.

Une maladie transmise par les moustiques

Encore appelée « éléphantiasis » dans sa forme la plus connue, la filariose lymphatique est une maladie parasitaire transmise par les moustiques. Elle provoque des gonflements anormaux des membres ou des organes, notamment des jambes et des organes génitaux, pouvant entraîner de lourdes incapacités physiques et une forte stigmatisation sociale.

Le coordonnateur du Programme national des maladies tropicales négligées, Dr Piham Gnossike, explique que la maladie reste encore présente dans plusieurs pays voisins du Togo.

« La maladie est éliminée comme problème de santé publique, mais cela ne veut pas dire qu’elle a totalement disparu. Le risque de réintroduction existe toujours, notamment à cause des mouvements transfrontaliers et du fait que le vecteur est un moustique », a-t-il indiqué.

Selon lui, le Togo continue d’être entouré de pays où des traitements de masse contre la maladie sont encore en cours, notamment le Ghana et le Burkina Faso.

Le Togo parmi les premiers pays africains à éliminer la maladie

En mars 2017, le Togo est devenu le premier pays d’Afrique subsaharienne à être officiellement validé par l’Organisation mondiale de la santé pour l’élimination de la filariose lymphatique comme problème de santé publique.

Depuis cette validation, plusieurs enquêtes de surveillance ont été réalisées. Une étude conduite en 2018 auprès de populations migrantes dans le nord du pays avait permis de confirmer le maintien du statut d’élimination malgré quelques cas isolés détectés.

Toutefois, les responsables sanitaires estiment que le système de surveillance mis en place jusque-là restait insuffisant face aux nouveaux risques liés aux mouvements de populations et aux zones frontalières.

L’OMS a d’ailleurs publié en 2025 un nouveau manuel de surveillance post-élimination destiné à aider les pays à mieux prévenir les réintroductions silencieuses de la maladie.

Deux districts frontaliers retenus pour la phase pilote

Le nouveau projet togolais repose sur une approche intégrée utilisant les dispositifs sanitaires déjà existants, les outils numériques de santé et les plateformes nationales de surveillance.

Au terme des travaux de Kpalimé, les districts sanitaires de Tône et de Cinkassé, dans la région des Savanes, ont été retenus pour expérimenter la phase pilote du dispositif.

Ces zones ont été choisies en raison de leur forte mobilité transfrontalière avec le Ghana, le Burkina Faso et le Bénin, considérée comme un facteur de risque important pour une éventuelle réapparition de la maladie.

Les officiels
Les officiels

Les participants ont également travaillé sur les procédures opérationnelles standardisées, les stratégies de détection rapide, la collecte et la gestion des données ainsi que les mécanismes de réponse en cas d’alerte.

L’OMS insiste sur la vigilance après l’élimination

La représentante du représentant résident de l’OMS au Togo, Dr Laconi Kaaga-Doleagbenou, a salué le parcours du Togo dans la lutte contre les maladies tropicales négligées.

« Le Togo constitue aujourd’hui un modèle dans la sous-région en matière d’élimination des maladies tropicales négligées », a-t-elle déclaré.

Mais pour elle, l’élimination ne doit pas conduire à un relâchement des efforts.

« La surveillance post-élimination est essentielle pour préserver les acquis et éviter toute résurgence », a-t-elle insisté.

L’OMS met également l’accent sur l’approche multisectorielle de la lutte contre les maladies tropicales négligées, impliquant les secteurs de l’eau, de l’assainissement, de l’environnement, de l’éducation et de la gestion des déchets.

Un système de surveillance plus intégré

Le projet lancé à Kpalimé prévoit un meilleur arrimage des données de surveillance au système national DHIS2, utilisé par les structures sanitaires du pays pour le suivi des maladies.

Il entend également renforcer les capacités des agents de santé et améliorer la coordination entre les programmes sanitaires intervenant dans la surveillance épidémiologique.

Pour Dr Frédéric Kolane, représentant le directeur régional de la santé des Plateaux, cette nouvelle phase marque « une étape importante dans le renforcement du système national de surveillance post-validation ».

Les autorités sanitaires espèrent ainsi consolider durablement les acquis obtenus après plusieurs années de lutte contre une maladie longtemps considérée comme un fléau dans certaines zones du pays.

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