A Nyivémé, dans la périphérie de Kpalimé, l’ambiance est studieuse ce mercredi matin au centre Aklala Batik. Dans un atelier baigné de soleil, des machines à coudre ronronnent tandis qu’à quelques mètres, des mains appliquées dessinent à la cire des motifs sur des tissus blancs. Ici, couture et batik se côtoient. Un seul objectif, former des jeunes filles vulnérables et leur offrir une chance d’avenir.
Au total, trente jeunes filles issues de milieux défavorisés bénéficient actuellement d’un accompagnement dans ce centre grâce au soutien de l’organisation internationale Geres, à travers le projet Féminisme, Actions et Mobilisation pour une Economie inclusive (FAME). L’appui d’un an, estimé à environ neuf millions de francs CFA, a permis de renforcer les capacités du centre et d’améliorer les conditions de formation et de vie des bénéficiaires.
Le centre Aklala Batik accueille des jeunes filles confrontées à diverses situations de vulnérabilité : abandon, perte de parents, violences ou précarité sociale.
« Nous recevons des jeunes filles qui ont vécu des situations difficiles. Notre objectif est de leur offrir une formation professionnelle afin qu’elles puissent devenir autonomes et reconstruire leur vie », explique Koffi Meye, chargé de projet au sein de l’association.
Deux filières sont proposées : la couture, qui s’étend sur trois ans, et le batik, une formation d’une année. A la fin de leur apprentissage, les bénéficiaires passent un examen sanctionné par l’Etat.

Les lauréates reçoivent également des kits d’installation, notamment des machines à coudre pour celles formées en couture, afin de pouvoir démarrer leur propre activité.
Le financement du Geres porte ses fruits
Le soutien du Geres a notamment permis d’acquérir du matériel de formation, des équipements pour la pratique du batik ainsi que des kits destinés aux jeunes filles en fin de parcours.
Le projet a aussi introduit un module de formation à l’entrepreneuriat afin de préparer les apprenantes à la gestion de leur future activité.
Certaines bénéficiaires sont également hébergées au centre. Au total, seize jeunes filles y résident pendant leur formation, venant parfois de différentes régions du Togo. Elles bénéficient d’un accompagnement social et alimentaire.
L’appui comporte également une dimension environnementale. Le centre a pu acquérir des foyers améliorés fonctionnant à l’énergie solaire, réduisant d’environ 80 % l’utilisation du bois et les émissions de gaz à effet de serre.
Aklala Batik engagé pour l’autonomisation féminine
Alors qu’il sonne 12h14, la directrice du centre accueille des visiteurs venus découvrir les activités de l’association. La visite commence par l’espace de formation dédié à la couture.
Le groupe poursuit ensuite vers l’atelier de batik. Sur une longue table, des tissus blancs sont soigneusement travaillés à la cire avant d’être plongés dans des bains de teinture. Chaque pièce deviendra ensuite un tissu unique transformé en vêtements, sacs ou accessoires exposés à la boutique du centre.

La visite se termine par les espaces d’hébergement des jeunes filles venues de l’intérieur du pays, ainsi que par la boutique où sont exposées les créations issues de l’atelier.
Dans l’atelier de batik, Kekeli applique minutieusement la cire sur un tissu. Concentrée sur son travail, elle n’en oublie pas la perspective que lui offre cette formation.
« Cette formation me donne beaucoup d’espoir. À la fin, je recevrai du matériel pour commencer à travailler. Cela me permettra de lancer mon activité et de subvenir à mes besoins », confie-t-elle avec enthousiasme.

Fondée en 2008 par Chantal Donvidé, l’association Aklala Batik œuvre pour la promotion de l’éducation et de l’autonomisation économique des femmes. L’organisation s’est fait connaître par la production artisanale de tissus en batik et dispose aujourd’hui d’un atelier-boutique à Kpalimé ainsi que d’une seconde boutique ouverte à Lomé en 2017.
Pour sa fondatrice, l’appui du Geres constitue un levier important pour poursuivre cette mission.
« Quand on donne à une jeune fille vulnérable une compétence et les moyens de l’exercer, on ne transforme pas seulement sa vie, on transforme aussi l’avenir de toute une famille », affirme Chantal Donvidé.
A la sortie des classes du lycée de Nyivémé, situé juste en face du centre, des élèves passent devant le bâtiment sans forcément imaginer ce qui se joue derrière ces murs.
Pourtant, à l’intérieur, se construit l’avenir de jeunes filles déterminées à reprendre leur destin en main.





























