
Des sénateurs togolais ont entamé, mercredi 20 mai à Kpalimé, un atelier de trois jours d’échanges consacré aux Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR), avec pour objectif de réfléchir à l’amélioration du cadre légal afin de faciliter l’accès des femmes et des filles aux services de santé reproductive.
La rencontre, organisée par la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME, réunit parlementaires, juristes, professionnels de santé et partenaires techniques autour des enjeux liés à la santé reproductive au Togo.
Les participants échangent sur les défis liés à l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, les engagements internationaux du Togo ainsi que les insuffisances du dispositif juridique actuel, notamment l’absence de textes d’application de la loi sur la santé de la reproduction promulguée en 2007.
Au cœur des discussions figurent également les questions liées à la mortalité maternelle, aux grossesses non désirées, aux violences sexuelles et aux complications provoquées par les avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées.
Selon les données évoquées au cours des travaux, le Togo enregistre encore environ 366 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, alors que les Objectifs de développement durable visent moins de 70 décès d’ici 2030.
Pour les organisateurs, une meilleure application des textes existants et l’actualisation du cadre légal pourraient contribuer à réduire les décès évitables et à améliorer l’accès des femmes aux services de santé reproductive.
« La loi sur la santé de la reproduction a été adoptée en 2007, mais elle n’a pas été pourvue de textes d’application. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les femmes et les filles sont confrontées à différentes interprétations tout au long du parcours de soins », a expliqué la directrice exécutive de l’ATBEF, Noelie Koevi-Koudam.
Elle estime que cette situation constitue un frein à l’accès aux services, notamment dans les cas de viol ou d’inceste.
« Nous estimons que cette loi nécessite une révision en bonne et due forme pour faciliter l’accès des femmes aux services de santé reproductive et éviter les décès liés aux avortements clandestins », a-t-elle ajouté.
Selon, Aboudou Soro, conseiller régional en politique et plaidoyer de Ipas Afrique francophone, la question de la santé reproductive reste étroitement liée à la lutte contre la mortalité maternelle. Il a rappelé que les avortements non sécurisés continuent de contribuer aux décès maternels dans plusieurs pays de la sous-région.

Les travaux doivent également permettre aux sénateurs de renforcer leur compréhension des enjeux liés aux droits en santé sexuelle et reproductive afin de mieux accompagner les réformes législatives à venir.
« Pour le bien-être des femmes et des filles »
Pour la sénatrice Déla Apetsianyi Agbobli, cette rencontre constitue une opportunité de mieux maîtriser les réalités liées à la santé reproductive et aux droits des femmes.
« La santé de la reproduction couvre tout le cycle de vie, de la grossesse à la planification familiale, en passant par la santé des adolescents et des jeunes. Nous sommes ici pour comprendre ces enjeux et voir comment contribuer à la mise à jour de la loi existante pour le bien-être des femmes et des filles au Togo », a-t-elle indiqué.
Représentant le ministère de la Santé, la cheffe de division Santé maternelle, infantile et planification familiale à la DSME, Makilioubè Tchandana, a rappelé les principales réformes engagées par le gouvernement togolais pour améliorer la santé de la mère et de l’enfant, notamment la subvention de la césarienne, la campagne d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle ainsi que la mise en place de l’assurance maladie universelle.
Elle a souligné que les défis importants demeurent, notamment sur les plans réglementaire, logistique et infrastructurel, l’insuffisance de textes d’application clairs limitant encore l’accès effectif aux services de santé reproductive, d’où son appel aux sénateurs à s’impliquer davantage dans l’amélioration du cadre légal afin de garantir des réponses plus adaptées aux besoins des populations, en particulier des femmes et des jeunes.
Les initiateurs de l’atelier espèrent qu’au terme des échanges, des recommandations concrètes pourront être formulées en faveur d’un cadre légal plus adapté aux réalités sanitaires et sociales actuelles du pays.
L’atelier est organisé avec l’appui de l’ATBEF, de Ipas Afrique francophone et de la Société des gynécologues et obstétriciens du Togo (SGOT).






























