Diabète au Togo : « Nos enfants sont exposés », professeur Belo Mofou

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Le professeur Belo Mofou, chef de la division de surveillance des maladies non transmissibles au ministère de la Santé du Togo
Le professeur Belo Mofou, chef de la division de surveillance des maladies non transmissibles au ministère de la Santé du Togo

Alors que le projet « Lutter contre le diabète et ses complications au Togo » s’achève après quatre ans de mise en œuvre, de nouveaux défis viennent rappeler l’importance d’une action continue et renforcée. Malgré les réalisations obtenues, le professeur Belo Mofou, chef de la division de surveillance des maladies non transmissibles au ministère de la Santé, a exprimé ses préoccupations sur l’avenir de la lutte contre le diabète dans le pays.

Selon le professeur Belo, la prévalence du diabète au Togo est sous-estimée : « Sur 100 Togolais, au moins 6 sont diabétiques, et ce chiffre pourrait être encore plus élevé », a-t-il affirmé lors de la cérémonie de clôture du projet, le 13 septembre 2024.

Pour lui, l’un des problèmes majeurs réside dans le manque de sensibilisation, notamment chez les enfants.

« Nos enfants sont exposés à des repas gras, des bonbons et des boissons gazeuses à l’école, tout en évitant l’activité physique. Cette situation est alarmante », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de revoir l’alimentation dans les établissements scolaires et d’encourager le sport.

Face à ces défis, le Professeur Belo propose plusieurs solutions. Tout d’abord, il appelle à un renforcement de la formation des acteurs de santé sur la prise en charge du diabète, mais aussi à une sensibilisation accrue auprès des familles.

« Il faut un plaidoyer auprès des autorités pour obtenir des moyens financiers afin de poursuivre la lutte contre le diabète », a-t-il déclaré. Il insiste sur l’importance de mobiliser des fonds supplémentaires pour soutenir les initiatives de prévention.

Le professeur Belo suggère de tirer parti de la politique de territorialité adoptée par le Togo, qui pourrait être utilisée pour attirer des financements et mettre en œuvre des projets plus ambitieux. Il appelle également à une collaboration renforcée avec les mairies et les collectivités locales pour améliorer l’accès aux soins de santé, soulignant que « sans bonne santé, nous resterons dans un cycle de pauvreté ».

Le CERSD-Base joue sa partition

Malgré ces défis, les acquis du projet restent indéniables. Coordonné par l’association Cercle d’élites pour la recherche sociologique et de développement à la base (CERSD-Base), le projet a permis de former 775 personnels de santé et de doter plusieurs structures médicales de matériels adaptés pour mieux diagnostiquer et traiter le diabète. Ces avancées, bien qu’importantes, nécessitent désormais un suivi régulier et une continuité dans les efforts de sensibilisation et de prise en charge.

Pour assurer l’avenir de la lutte contre le diabète au Togo, il devient urgent d’implémenter les recommandations du Professeur Belo, en commençant par une mobilisation des acteurs publics et privés autour de la question du diabète. La santé des générations futures en dépend.

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