
Les députés togolais prennent part à un atelier de trois jours consacrés aux Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR). Ouverte à Kpalimé, le 27 août, la rencontre vise à renforcer la compréhension des parlementaires sur le sujet et à favoriser un cadre législatif plus protecteur des droits des femmes et des filles au Togo.
Les DSSR constituent un pilier des Objectifs de développement durable (ODD) et un moyen de réduire les inégalités de genre, rappellent les organisateurs : la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME), Ipas Afrique Francophone et l’ATBEF.
Pourtant, malgré la ratification du Protocole de Maputo en 2005 et l’adoption de la loi sur la santé de la reproduction en 2007, de nombreux obstacles subsistent : absence de décrets d’application, barrières socioculturelles et juridiques, ou encore accès limité à l’avortement sécurisé, autorisé seulement dans certains cas.

Mme Noélie Koevi-Koudam, directrice exécutive de l’ATBEF, a insisté sur l’urgence d’agir :
« Chaque année, des milliers de femmes et de filles togolaises se retrouvent dans des situations de détresse, souvent dans le silence et parfois au péril de leur vie. Votre présence, honorables députés, est une opportunité historique pour transformer les engagements en actes ».
Grâce à des initiatives comme la CARMMA, la subvention de la césarienne depuis 2011 ou encore le programme Wezou, la mortalité maternelle et infantile a nettement reculé au Togo ces vingt dernières années, rappelle le Dr Abram Amétépé Agossou, directeur de la DSME. Cependant, il met en garde :
« Malgré ces résultats, le pays n’atteindra pas les ODD en 2030 si les obstacles logistiques, infrastructurels et surtout réglementaires ne sont pas levés »
Il a souligné que l’absence de textes d’application entretient les avortements clandestins, responsables de nombreuses complications médicales et décès évitables.
Le rôle attendu du Parlement
Le directeur de cabinet de l’Assemblée nationale, Kissao Tchourou, a rappelé la vision gouvernement : garantir un accès universel aux soins dans le respect de la dignité humaine.
« Le renforcement du cadre législatif en matière de santé sexuelle et reproductive n’est pas une démarche isolée. Il s’agit de promouvoir une société plus équitable et inclusive, où chaque femme et chaque fille peut exercer pleinement ses droits ».
Pendant trois jours, les députés suivront des exposés thématiques, analyseront des études de cas et prendront part à des exercices de Clarification des valeurs sur l’avortement (CVAT). Ce qui leur permettra de dégager des recommandations concrètes pour rendre les DSSR accessibles à toutes et tous.
En juillet dernier, des magistrats avaient été réunis à Kpalimé pour réfléchir, eux aussi, aux enjeux juridiques liés aux DSSR afin d’harmoniser leurs pratiques avec le Protocole de Maputo.
Elisée Rassan






























