Les Eperviers du Togo finalement comparés à des vendeurs de « tsintsinga »

0
1131
Les Eperviers du Togo ont été contraints au partage de points (2-2) avec l'équipe de la Mauritanie
Les Eperviers du Togo ont été contraints au partage de points (2-2) avec l'équipe de la Mauritanie

Les Eperviers du Togo ont été contraints au partage de points (2-2) avec l’équipe de la Mauritanie lors de la 5e journée des Éliminatoires de la Coupe du monde de football FIFA 2026, disputée samedi 22 mars. Les hommes de Nibombé Daré stagnent à la 4e place du groupe, avec 7 points de retard par rapport au premier.

Le sélectionneur, lorsqu’il a été intérrogé sur ce nul qualifié de contre-performance, a fait savoir que l’équipe « a commis trop d’erreurs ». Sans aucun doute. L’ancien capitaine de la sélection qu’il dirige aujourd’hui avoue que « les changements n’ont pas apporté grand-chose. Mais la profondeur de notre banc aussi nous expose à cette situation ».

Le constat, aux yeux du technicien, est que « le seul vrai attaquant en plus de Mawuena qu’on a fait rentrer, Thibaut Klidje, a joué sur une heure de temps et après, il n’était plus présent dans les efforts de reconversion ».

Pour le reste, dans la globalité, « on a essayé de revenir au score et quand on est arrivé à égaliser, on a cherché à stabiliser, mais on a joué contre nature, donc on n’a pas su voir exactement ce que l’on recherchait dans les changements opérés », regrette le Togolais.

🎧 Ecoutez : Kwami Dodji Agbétoglo ou l’art du bois au cœur de Lomé

L’équation devient de plus en plus compliquée parce que la première place qualificative s’éloigne pour les jaunes qui continuent de décevoir le public. Tiktokeurs, fonctionnaires, touristes, étudiants, jeunes joueurs évoluant dans des centres de formation… se disent déçus, certains ayant le verbe plus dur, d’autres essayant de tempérer un peu. Mais, finalement, à qui la faute ?

« Sûrement pas à Daré Nibombé », lance Ibrahim Aboubacar. Le célèbre tiktokeur, surnommé aussi Abou, regrette que les joueurs n’arrivent pas à contrôler la balle, la première chose que doit réussir un footballeur, un défaut faisant ressembler leur jeu à celui d’un vendeur de « tsintsinga » (viande braisée vendue souvent au bord de la route, NDLR), tonne sans s’arrêter un observateur qui passait près de nous. Il se dit déçu, comme lors des précédentes journées qui ont eu lieu au stade de Kégué, soldées par des échecs à des degrés divers.

Martine est une touriste en vacances au Togo. La Suissesse, grande fan du capitaine des Eperviers, Emmanuel Adebayor lorsqu’il jouait encore, était aussi au stade :

Il semble que le Togo ait perdu ses grands joueurs. Il y a une époque où les Eperviers étaient beaucoup plus intéressants que ça.

Même son de cloche chez plusieurs amateurs du football à qui nous avons tendu notre micro. Bessan, qui se fait surnommer Amewou Komlan par ses pairs grâce à un pied gauche magique qu’ils lui reconnaissent, lance que « les Eperviers du Togo n’ont plus de grands noms qui font peur« . Le football n’est-il plus donc un jeu collectif ? Lui avons-nous demandé. Oui, assure l’académicien, « mais il faut au moins une tête de gondole capable de porter l’équipe quand les choses deviennent difficiles. Quand nous prenons toutes les sélections, il y a quelqu’un qui joue ce rôle. Adebayor l’a longtemps fait. Et maintenant, personne« .

Le public était au rendez-vous
Le public était au rendez-vous

Les avis sont tranchés. Bien que certains pointent le coach Daré, la plupart mettent la lumière sur le niveau alarmant de l’équipe en général qui peine à convaincre. Autre point largement débattu,

« Malcom Barcola est-il vraiment le frère de Bradley (attaquant du Paris Saint-Germain, NDLR) ? C’est deux niveaux diamétralement opposés, on comprend pourquoi l’Equipe de France ne s’est pas intéressée à lui, contrairement à son frère », a balancé sans pitié le fonctionnaire Robert qui est reparti à la maison avec un mauvais air, lui qui voulait que les Eperviers gagnent.

Malcom n’a pas assuré dans les buts. C’est le cas de le dire. Il a pris un but qu’il pouvait éviter s’il avait fait le choix de plonger sur la balle avec ses mains et non ses pieds. Puis, il a failli engendrer un autre but gag, n’eut été l’intervention salvatrice de son défenseur qui a sorti la balle in extremis avant qu’elle ne franchisse la ligne. Une avalanche d’erreurs individuelles et collectives qui ont sabordé le match dans l’antre des Eperviers d’une capacité de 30 000 places.

Le prochain match des Eperviers du Togo est contre le Sénégal chez lui à 21h. Les Lions de la Teranga sont 3e du groupe, derrière la République démocratique du Congo (10 points) et le Soudan qui mène la course avec 11 points. Avec les derniers rendements du Togo, pas sûr que les supporters suivront avec beaucoup d’enthousiasme cette nouvelle rencontre à la télé. Aux plus optimistes, il faudra tout de même ne pas mettre trop de cœur.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici