Il existe des défaites qui font grincer les dents, mais rincer les yeux. Samedi 1er août restera le jour où le résultat a menti au courage, sous un ciel nuageux à Haady Parc. Deuxième sortie à Miabécan, première défaite du Togo. Le score a choisi son camp ; l’abnégation, elle, est restée togolaise. Les Éperviers ont perdu trois points, mais gagné quelque chose de plus grand.
La Côte d’Ivoire se relance après son précédent revers (1-3 face au RDA), le Togo déchante mais enchante dans la défaite : une âme retrouvée, un public mobilisé et un rêve qui refuse obstinément de s’étioler.
Le football possède une étrange politesse quelquefois, n’offrant pas toujours la victoire à ceux qui la méritent le plus. C’est la réalité des « Jaunes de la capitale », tombés debout, lors de cette deuxième sortie, maîtres du jeu, esclaves du résultat.
Capitaine courage
« Il est en mission. C’est un joueur qui a faim, avec l’envie d’aller chercher une deuxième étoile », chuchote un supporter en tribunes, conquis par la combativité de l’Épervier Atik Traoré qu’il fait bien de surnommer « Capitaine courage ».
L’attaquant a marqué. Encore ! C’est son truc. Après l’ouverture du score ivoirienne, Traoré, sous les yeux de son père, inconditionnel soutien à lui, et du ministre en charge des Sports, provoque et transforme un pénalty à la 39ème, avec son sang-froid reconnu qui ne s’apprend pas facilement si on n’est pas né avec.
Chez lui, le point de penalty est presque une adresse postale. Le gardien peut deviner le côté, Atik connaît déjà la sentence : les filets. Antoine Agbetogon alias Magabouche a aussi scoré (42ème). Sans effet, puisque les Ivoiriens égaliseront à la 52ème puis passeront devant à la 65ème.
Fighting spirit
Réduire cette rencontre au seul point noir de la défaite serait passer à côté de l’essentiel. Car l’équipe du Togo a joué avec une denrée que les statistiques ne savent toujours pas mesurer : le fighting spirit.
Chaque ballon disputé ressemblait à une déclaration de refus. Refus de plier, de subir, de transformer une difficulté en fatalité. Il y avait dans les regards, dans les courses et dans les replis défensifs cette obstination qui distingue les équipes construites pour durer de celles fabriquées pour un simple après-midi.

Les tribunes n’ont jamais déserté les couleurs togolaises. Elles les ont portées. Influenceurs, comédiens, artistes, touristes, partenaires, etc. étaient tous vêtus du maillot jaune traditionnel. Soutenir une équipe lorsqu’elle gagne relève de la joie. La soutenir lorsqu’elle tombe relève de la fidélité. Les supporters ont transformé leurs cris en motivation, comme pour rappeler aux joueurs qu’une défaite n’efface jamais un peuple qui croit encore en son équipe.
À aucun moment, le collectif n’a donné l’impression de jouer pour des statistiques individuelles. Chacun semblait porter un devoir : aider le capitaine à conduire Miabécan jusqu’à son sommet et c’est peut-être là que réside la plus belle victoire de la soirée.
Troisième match, dernière chance
Le samedi 8 août est déjà marqué dans les agendas. Le Togo se mesure au Reste de l’Afrique (RDA) sous les coups de 21h30 GMT. Gagner pour se qualifier, des mots encadrés en rouge dans le vestiaire. « Fabrice Kagbatawouli devra rehausser son niveau, la défense peut encore être meilleure et les milieux de terrain ont un minimum d’effort à fournir pour alimenter l’attaque », analyse d’un coach de la D1 Lonato présent au terrain et à qui nous avons demandé ce qui n’a pas marché pour l’équipe.
Que personne n’en doute, parfois, dans le football comme dans la vie, le respect est le seul trophée que les défaites sont incapables de voler. Au fond, un match se perd sur une pelouse. Mais un rêve, il ne se perd que le jour où son propriétaire cesse d’y croire. Justement, Atik Traoré et sa bande de braqueurs n’abdiquent jamais.































